Google et la Jungle de Calais

Je serai demain samedi dans le Pas de Calais et je voulais savoir où se trouvaient exactement la “Jungle de Calais” et l’entrée du tunnel sous la Manche. Une recherche sur Google Maps m’a dirigé vers les adresses suivantes :

La Jungle de Calais : The Jungle, Calais
L’entrée du tunnel : ننفق المانش، Peuplingues

Je fais figurer ici l’itinéraire en voiture calculé par Google :

The Jungle - Eurotunnel

A noter sur la carte le nom en anglais de la Jungle de Calais, “The Jungle” et le nom en arabe du tunnel, “نفق المانش” signifiant “Tunnel sous la Manche”.

Des photos accompagnent la page consacrée à “The Jungle” :

Ainsi que des avis, comme s’il s’agissait d’une destination touristique :

Des avis sur l’hébergement aussi, je cite les deux derniers publiés (j’ai corrigé les fautes d’anglais) :

Callum, il y a 3 semaines

I really enjoyed my stay here, would recommend to anyone looking for nice cheap reliable campsite with amazing onsite facilities and the people are really nice and friendly. I really enjoyed the 6 months I stayed in this amazing camp site! Now I’am in my lovely six bedroom house with my whole family and robbing the tax payers money.

Chris Cox, il y a un mois

A place people aspire to reach, where dreams are shattered, where hope is lost. And yet, a place where support is offered by people from all walks of life to those in desperate need. A place where those of us with the right kind of passport/visa can freely travel to and from … and yet where those in the most need of peace, freedom of expression and the right to education and work of their choosing are trapped. Shame on Europe.

Le burkini fait fureur sur les plages !

burkini

Seuls l’Euro de football et les jeux olympiques nous ont distrait d’une actualité oppressante. Après les attentats des sympathisants de l’Etat Islamique, l’interdiction du port du burkini sur les plages occupe le devant de l’actualité. Au nom de la sécurité, de la laïcité et de l’hygiène, plusieurs maires ont interdit le port d’un maillot de bain couvrant. Le slip ou short de bains pour les hommes et le bikini (inventé en 1946) pour les femmes n’ont pas toujours été de rigueur, il suffit pour s’en convaincre de regarder ces photos de plage datant du début du siècle dernier :

Bains 1900

A l’époque on venait à la plage tout habillé et les maillots de bains étaient très couvrants, non seulement pour les femmes :

Costume-Bains-1900

Mais pour les hommes aussi :

Costume-Bains-Homme-1900

Dans les années 1960, les gendarmes de Saint-Tropez faisaient la chasse aux nudistes, aujourd’hui ils verbalisent les burkinistes :

nudiste-burkini

Pourtant il y avait des plages où la cohabitation se passait plutôt bien, comme ici à Marseille :

burkini-marseille

Mais sur fond de guerre (contre qui ?) les maires entendent ainsi interdire l’affichage de signes religieux sur les plages, afin d’éviter les affrontements entre communautés. Pourquoi interdire le burkini sur les plages et ne pas interdire le Hidjab, le Tchador, la Djellaba, la Gandoura, le turban, etc. en ville ? Parce que la plage est un lieu où pauvres, riches, habitants de la ville et des campagnes se cotoient, alors qu’en dehors des vacances, chacun vit dans sa bulle.

Cependant cette interdiction, prise d’abord par des maires républicains, rejoints par des maires socialistes et validée par le premier ministre Manuel Valls, marque un tournant dans l’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis des musulmans (en l’occurence il ne s’agit ni de djihadistes ni d’islamistes). Un tournant amorcé par l’incarcération d’une jeune fille de 16 ans qui n’avait rien fait, mais qui se vantait sur les réseaux sociaux d’être prête à commettre un attentat.

Après l’annulation des festivités en raison de l’attentat de Nice, une disproportion de la réaction envers la communauté musulmane serait à mon avis néfaste, car elle risque de donner encore plus de poids à l’Etat Islamique et à ses sympathisants implantés sur notre territoire. Il faut en revanche faire respecter les interdictions du port du Nikab et de la Burqa dans l’espace public et du voile partout où c’est interdit et ne pas céder sur les revendications communautaristes (menus dans les écoles, refus de la mixité, etc.).

Pour terminer, je reproduis un article publié par le site algerie-focus.com sous la plume d’Aziz Benyahia, à propos de la journée Burkini prévue dans un parc aquatique des Bouches du Rhône le samedi 10 septembre 2016 :

Dieu, le niqab et la burka par Aziz Benyahia

A Marseille, une association privée, privatise un club aquatique privé, pour une journée privée. Donc, rien d’illégal ni d’anormal dans un pays démocratique et un système économique libéral où la loi garantit les libertés pour les citoyens qui ont bien assimilé les notions de droits mais aussi de devoirs.

Cette “Association socio-culturelle, sportive et d’entraide pour femmes et enfants” a privatisé pour le samedi 10 septembre le Speed Water Park situé au nord de Marseille, pour sa clientèle musulmane à qui elle rappelle qu’elle doit « respecter la Awra » et donc de prévoir des burkinis. Juste une parenthèse pour pointer le summum du ridicule atteint par ce mot-valise inventé il y a quelques années en Australie pour définir la tenue de bain à l’usage des femmes musulmanes. Non seulement les musulmans l’auraient bien accueilli, mais ils auraient pris semble-t-il, ce néologisme pour une avancée dans leur conquête de nouveaux espaces gagnés sur des terres mécréantes. Fermons la parenthèse !

Au regard de la loi, et s’agissant d’une affaire privée dans un espace privé, cette association qui agit dans l’intérêt de ses adhérents musulmans, est tout à fait dans son droit tant qu’elle respecte les modalités contractuelles de la location et les règles morales et environnementales au sens le plus large et le plus légal du terme.

Or voilà que des responsables politiques, des élus et des associations en France, crient au communautarisme et au mauvais signal envoyé par la communauté musulmane dans un climat de tensions exacerbées par une série d’événements tragiques commis par des assassins se réclamant de l’islam, avec une cruauté et une barbarie innommables.

Sans être naïfs au point de ne pas deviner les arrière-pensées plus ou moins racistes des uns et des autres, ni leurs propensions à crier systématiquement au danger à la moindre initiative des associations musulmanes, nous ne pouvons nous abstenir de faire grief à ceux des musulmans qui persistent à se singulariser de la sorte, sachant bien que la société occidentale est arrivée à un tel niveau de crispation à l’égard des musulmans compte tenu de l’actualité, que la moindre anicroche sera déformée dans le sens d’une plus grande marginalisation des musulmans. IL est hors de propos de leur demander d’abdiquer quoi que ce soit de leurs croyances ni de leurs traditions, mais il nous semble plus intelligent de prendre de la hauteur et d’éviter de tendre des bâtons pour se faire battre. Adapter certains comportements, éviter les provocations inutiles et se faire remarquer par son exemplarité ; cela pourrait être beaucoup plus efficace que de s’entêter dans des parties de bras de fer inutiles et perdues d’avance eu égard au rapport de force. Des associations juives réservent des piscines pour femmes exclusivement sans que personne s’en émeuve. 

Soyons clairs. L’islam enjoint aux musulmans de respecter les lois du pays dans lequel ils sont minoritaires. Cela devrait annihiler toute velléité d’imposer à la majorité un mode de vie qui n’est pas le sien, et des comportements qu’elle rejette avec force et à juste raison.

Persister à défier les règles les plus élémentaires pour garantir la sécurité sur les lieux publics en France, en portant niqab, burka et autre accoutrement qui ne sont en rien garants d’une proximité particulière avec Dieu ni d’une dévotion plus authentique, traduit au mieux une méconnaissance de l’islam et au pire un endoctrinement lamentable et d’autant plus pitoyable, que nous en connaissons les officines et le degré zéro d’évolution de leurs mandants. Sans compter que la France est un pays laïc, qui garantit le libre exercice des cultes à la condition que soient respectés l’ordre et la loi. Charbonnier est maître chez soi ; la loi du plus fort est toujours la meilleure, et à bon entendeur, salut !

Soyons justes. L’islam s’est distingué par rapport aux autres religions par son acceptation de l’autre et particulièrement par la cohabitation avec les autres religions monothéistes, non sans l’avoir conditionnée au paiement de la jizia. Les musulmans ont raison de tirer une fierté légitime de cette avancée historique. Mais sont-ils restés aussi cohérents ? aussi réalistes ? aussi clairvoyants ?  Autres questions :

Les musulmans accepteraient-ils aujourd’hui de payer sans ciller un impôt équivalent à la jizia pour vivre hors de chez eux et avoir le statut de dhimmi ?

Pour faire le parallèle avec le Speed water parc, autoriseraient-ils les étrangers vivant chez eux à privatiser des plages pour leurs amateurs de nudisme et des salons pour leurs soirées libertines ?

Protesteraient-ils au nom de la justice, de la réciprocité et de l’exemplarité de la bonne « muâmala », en allant rappeler aux Saoudiens que rien ne les autorise à interdire l’édification de lieux de cultes non-musulmans sur leur territoire – surtout pas l’islam – alors que les musulmans en France ne cessent de réclamer l’ouverture de salles de prière et des mosquées ?

Et enfin, pourquoi ne pas prendre de la hauteur en se concentrant sur l’essentiel du message coranique ; à savoir la paix, la tolérance et la religion du juste milieu – « Dieu a fait de vous une communauté du juste milieu » Coran I/143 – au lieu de chercher querelle aux autres en voulant leur   imposer, qui plus est chez eux, une vision du monde que l’islam dans sa seule et unique vérité condamne tout simplement.

Aziz Benyahia

Un week-end à Deauville

Un week-end à Deauville les 6 et 7 août 2016 :

Le Casino
Le casino

Les planches
Les planches

Les parasols
Les parasols

La plageLa plage publique

L'entrée du port de Deauville
L’entrée du port et la vue sur Trouville

les bateaux rentrent au port
La porte est ouverte (2h environ), les bateaux rentrent

Le portLe port (Trouville à gauche, Deauville à droite)

Le Café de Paris
Le Café de Paris

Une halle du marché
Une halle du marché

La maison d'Eugène Boudin
La maison d’Eugène Boudin

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L’hôtel Normandy

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Le hall de l’hôtel

On ne gagne pas une guerre en baissant les bras

Braderie de Lille

L’annulation de la braderie de Lille, qui devait avoir lieu dans un mois, les 3 et 4 septembre prochain m’a laissé pantois. En supprimant cette fête, en renonçant à nos traditions, à nos coutumes, à nos fêtes, à notre façon de vivre, nous reculons face à l’Etat Islamique, et nous décuplons les effets et les conséquences des attentats précédents.

Pour Martine Aubry, la maire de Lille, qui a pris cette décision, de concert avec Michel Lalande, le préfet du Nord, c’est un acte de courage. C’est bien sûr du courage de se mettre à dos la population et les acteurs économiques et sociaux.

Mais dans le cadre de la guerre que la France a engagée contre l’Etat Islamique, ce n’est pas du courage, c’est de la lâcheté. Le courage, c’était maintenir l’événement coûte que coûte, en prenant toutes les dispositions visant à prévenir un attentat, en mobilisant les forces vives, les commerçants, les exposants, les visiteurs, en faisant venir l’armée si nécessaire, pour crier à l’Etat Islamique : “même pas peur”.

Un revirement de la municipalité, car au lendemain de l’attentat de Nice il n’était pas du tout question d’annulation, cf. Nord Eclair du vendredi 15 juillet 2016 :
“La Braderie se prépare main dans la main avec les services de l’État, explique ce vendredi la ville. S’agissant d’un événement national, le préfet décide de son organisation. Mais aujourd’hui, il n’y a absolument rien laissant entendre qu’on irait vers une annulation.”

Il paraît qu’on ne peut pas sécuriser 2 millions de personnes dans un coeur de ville avec des rues étroites. On devrait quand même pouvoir empêcher un camion fou d’y rouler à toute allure !

L’enjeu est aujourd’hui beaucoup plus important, car ce sont 66 millions de personnes qu’il va falloir sécuriser, car la terreur peut frapper partout, on l’a vu dans la diversité de lieux et de méthodes des récents attentats.

Un des buts visés est de nous empêcher de mener la vie que nous aimons, nous empêcher de faire la fête, d’aimer qui nous voulons, de nous habiller comme nous voulons, de jouer de la musique, de boire de l’alcool, de regarder un feu d’artifice, d’aller à la messe, de ne pas croire en Dieu, etc.

Chaque renoncement est une nouvelle victoire de l’adversaire.

Non seulement nous renonçons sous la pression à nos valeurs, mais en même temps nous acceptons avec complaisance de nous plier aux exigences des autres : abattage rituel, menus casher, hallal, végétariens, végétaliens, port du voile, polygamie, ségrégation homme femme, mutilations sexuelles des bébés, et j’en passe.

Abu-Bakr-al-BaghdadiS’il y en a un à qui l’annulation de la braderie a fait plaisir, c’est bien Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Qurashi, le calife de l’Etat Islamique.  Ce soir, après la prière du vendredi, il a fait un grande fête avec ses potes et il s’est gavé de Baklavas et de thé à la menthe.

Nous sommes en guerre contre un proto-état constitué de quelques villes au beau milieu d’un désert. En comparaison avec son maigre armement, constitué essentiellement d’armes légères, nos moyens sont énormes et nos pilotes ne prennent pas beaucoup de risques en larguant des bombes de leurs avions volant à haute altitude. Tuant ou blessant outre les djihadistes, des milliers de civils innocents, hommes, femmes et enfants. Des gens qui n’auraient jamais pensé à agresser la France et qui savent tout juste où c’est, la France. Des gens dont les vies ont été bouleversées par les guerres déclenchées par les occidentaux en Irak, en Afghanistan, en Lybie et (indirectement) en Syrie.

Le feu et la terreur des bombes rendent la population solidaire des groupes armés qui les protègent. Et mus par la haine de nos valeurs et par leur soif de vengeance, djihadistes et citoyens du Califat appellent par tous les canaux à leur disposition (publications, réseaux sociaux, agents de recrutement) leurs frères musulmans vivant en France à frapper ceux qui sont la cause de leur malheur.

Des frères qui recrutent d’autres frères en soif d’idéal, de plus en plus nombreux, prêts à mourir en martyrs pour leurs frères et pour leur foi. Des frères qui recrutent dans les écoles, dans les mosquées, dans les prisons où chaque séjour les renforce dans leur foi et leur prosélytisme.

Ils sont des centaines, ils seront bientôt des milliers à l’affût d’un coup d’éclat qui fera un grand nombre de victimes (Nice) ou qui frappera au cœur de nos valeurs (tuer un prêtre).

Break the cross : “Brisons les croix”, c’est l’appel lancé dans le magazine Dabiq n°15. La revue est parue juste après le meurtre du prêtre normand. Le titre a-t-il été changé pour coller à l’événement ? J’en doute. La guerre de religion est un élément incontournable du conflit.

Les djihadistes ont toujours un ou deux coups d’avance sur nous, ils frappent là où nous ne les attendons pas, ils ne referont peut-être plus jamais le coup du camion, mais pendant que nous serons occupés à poser des plots en béton au bord de tous les trottoirs, il prépareront d’autres attentats faisant appel à des stratégies que nous n’avons pas encore imaginées.

Difficile de savoir d’où surgira le prochain assaillant, quels seront ses moyens, ses cibles. Le prochain attentat peut arriver n’importe où et n’importe quand. Comme une bombe larguée sur le Califat.

Dans une guerre il y a des morts et des blessés de chaque côté, il fallait y penser avant de déclencher les hostilités. Pendant ce temps, des milliers de migrants continuent de franchir la méditerranée, certains périssent, mais heureusement pour eux la plupart sont secourus par les bons samaritains Européens. Où vont-ils ? C’est curieux, on n’en parle plus.

Allez, place aux JO, une actualité remplace l’autre et le 3 septembre les Lillois essaieront de s’amuser quand même.

La France expérimente le véhicule autonome

véhicule autonome
Véhicule autonome © lesechos.fr

Le gouvernement a décidé d’autoriser l’expérimentation du véhicule autonome ou “véhicule à délégation de conduite” sur les voies publiques. Je trouve pour ma part que c’est une excellente initiative. Ci-dessous le compte rendu du conseil des ministres d’aujourd’hui, 3 août 2016 :

La ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat et le secrétaire d’Etat chargé des transports ont présenté une ordonnance relative à l’expérimentation de véhicules à délégation de conduite sur les voies publiques.

Le IX de l’article 37 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte a habilité le Gouvernement, sur le fondement de l’article 38 de la Constitution, à prendre par ordonnance “toute mesure relevant du domaine de la loi afin de permettre la circulation sur la voie publique de véhicules à délégation partielle ou totale de conduite, qu’il s’agisse de voitures particulières, de véhicules de transport de marchandises ou de véhicules de transport de personnes, à des fins expérimentales, dans des conditions assurant la sécurité de tous les usagers et en prévoyant, le cas échéant, un régime de responsabilité approprié”, étant précisé que “la circulation des véhicules à délégation partielle ou totale de conduite ne peut être autorisée sur les voies réservées aux transports collectifs, sauf s’il s’agit de véhicules affectés à un transport public de personnes”.

La terminologie de “véhicule à délégation partielle ou totale de conduite” (VDPTC) fait référence, d’une part, aux technologies d’automatisation avancées du véhicule et, d’autre part, au changement fondamental de nature de l’acte de conduire. Ces véhicules, appelés aussi “véhicules autonomes”, sont une étape incontournable vers une mobilité apaisée, une régulation et une sécurisation des trafics, et des transports plus efficaces et plus respectueux de l’environnement. Ils constituent l’avenir de l’industrie automobile.

Le véhicule à délégation de conduite représente également une piste de progrès prometteuse pour la sécurité routière. Le véhicule autonome devrait avoir des capacités de réaction et d’adaptation supérieures à celles d’un conducteur humain et ainsi commettre moins d’erreurs que ce dernier sujet à la fatigue, l’alcool, la distraction ou l’inexpérience. Le véhicule autonome contribuera aux actions préventives réalisées par le Gouvernement pour sauver des vies et réduire le nombre de blessés sur les routes.

Les expérimentations de tous les types de véhicules à délégation de conduite appelés à circuler sur les voies publiques pour un usage particulier, collectif ou de transport de marchandise se multiplient au niveau international et national.

En France, les premières expérimentations ont pu rencontrer des difficultés juridiques et pratiques liées à la nécessité de clarifier la situation du conducteur par rapport aux règles internationales en vigueur, à l’inadaptation des dispositions applicables à l’immatriculation des véhicules, aux difficultés à obtenir des porteurs de projets l’ensemble des renseignements permettant notamment de s’assurer que l’expérimentation se déroule en toute sécurité et en coordination avec les différentes autorités publiques concernées, ou aux incertitudes sur la procédure d’instruction et de délivrance de l’autorisation. Elles ont également mis en évidence l’importance qui s’attache à une bonne information du public appelé ou non à être transporté à bord du véhicule.

En conséquence, l’ordonnance introduit la notion d’autorisation de circulation sur la voie publique spécifique à l’expérimentation de véhicule à délégation partielle ou totale de conduite. Cette notion servira de fondation à la construction d’un cadre réglementaire solide au travers d’un décret en Conseil d’État.

Enfin, l’ordonnance s’inscrit dans l’esprit de la feuille de route du plan industriel “Véhicule Autonome” de la Nouvelle France industrielle, visant à faire de l’industrie française de l’automobile et du transport routier une des pionnières dans la conception du véhicule autonome pour tous. Il traduit l’ambition que la France soit reconnue comme une terre d’expérimentation du véhicule autonome, un centre d’excellence de l’intelligence embarquée et un leader en sécurité des systèmes complexes, afin de préparer les nouvelles mobilités de demain.

Quelles armes pour les policiers municipaux ?

Les policiers municipaux peuvent être autorisés à porter des armes de poing, sur demande du maire et sous réserve de l’accord du préfet.

Jusqu’en 2015, l’Article R511-12 du code de la sécurité intérieure les autorisait à porter les armes à feu (tirant des projectiles métalliques) suivantes :

Revolvers chambrés pour le calibre 38 Spécial.
Projectile : diamètre 9,06 mm, masse 10,23 g, vitesse : 260 m/s, Énergie : 346 joules

Pistolets chambrés pour le calibre 7,65 mm.
Projectile : diamètre 7,65 mm, masse 4,6 g, vitesse : 292 m/s, Énergie : 196 joules

L’inconvénient de cette disposition était que la plupart des revolvers chambrés pour le calibre 38 Spécial permettent également de titer des munitions 357 Magnum, dont le projectile est identique mais l’étui (la douille) plus long, ce qui leur donne une énergie beaucoup plus importante (946 joules). Et l’Etat dispose de stocks importants de revolvers Manurhin (fabrication française) à barillet 6 coups chambré en 357 Magnum / 38 Spécial. Quant aux pistolets 7,65 mm, ils sont si peu puissants (énergie à peine supérieure à celle d’une cartouche 22 LR)  qu’ils sont plus dangereux qu’utiles pour la personne qui le porte, ils permettent de blesser l’adversaire mais leur puissance d’arrêt est insuffisante pour le neutraliser.

C’est la raison pour laquelle Bernard Cazeneuve a publié le Décret n° 2015­496 du 29 avril 2015 autorisant les agents de police municipale à utiliser à titre expérimental des revolvers chambrés pour le calibre 357 magnum, en précisant cependant qu’ils ne pourront utiliser que des munitions au calibre 38 Spécial.

MR88-357Le Revolver Manurhin MR88 convient parfaitement à la dotation des policiers municipaux, c’est une arme à faible coût, produite dans le cadre d’un partenariat entre Manurhin et le fabricant américain Ruger, spécialiste des carcasses coulées par micro fusion, un procédé moins coûteux que la fabrication par usinage de blocs d’acier forgés. ll équipait autrefois la police nationale et la douane, c’est l’arme utilisée par Julie Lescaut dans la série télévisée. Il est disponible en 3″ et 4″.

L’avantage du revolver par rapport au pistolet est qu’à partir du moment où le barillet est chargé de munitions, il est prêt à tirer, il suffit pour cela de presser la détente (fonctionnement en double action) ou d’armer le chien et de presser la détente (fonctionnement en simple action, plus doux).

Alors que pour tirer avec un pistolet semi-automatique, il faut d’abord tirer sur la glissière afin de charger une munition dans la chambre. Il faut utiliser les deux mains et tirer assez fort. Pas pratique en situation d’urgence ou en conduisant une voiture ou une moto. L’autre solution est d’armer le pistolet à l’avance, mais c’est dangereux, car même avec la sécurité, un coup peut partir inopinément, qui plus est, ça fatigue inutilement le ressort. Une américaine qui transportait un pistolet ainsi armé a été tuée par son enfant de deux ans qui a simplement appuyé sur la détente. L’enfant n’aurait jamais pu armer la culasse ou presser la détente d’un revolver.

L’avantage du calibre 38 Spécial est qu’il offre un bon compromis entre puissance et maniabilité. En effet le puissant 357 Magnum entraîne un important recul préjudiciable à la précision et au tir répétitif.

Un bon choix d’arme pour les policier municipaux, avec une possibilité d’évolution vers le 357 Magnum si la situation empire. Reste à savoir maintenant s’ils seront autorisés à porter leur arme hors service…

Dabiq 15 : Brisons les croix

Dabiq 15 : Brisons Les CroixBrisons les Croix ! Tel est le titre de couverture du numéro 15 de DABIQ, le magazine de l’Etat Islamique, déjà abondamment commenté dans les médias. Et dont j’ai extrait un passage dans mon article précédent. Vous pouvez télécharger Dabiq 15 dans son intégralité, au format pdf, j’ai réduit le fichier original (51,3Mo) en un fichier compressé (7,06Mo) mais cependant parfaitement lisible.
En page 74, un long article est consacré à l’Eglise catholique et à ses papes, en commençant par Urbain II (l’initiateur de la première croisade) qui a appelé à la destruction de tous les musulmans qui répandent la règle d’Allah, en disant: “Au nom du Seigneur, nous supplions les hérauts du Christ de convaincre les personnes de tout rang, fantassins et chevaliers, pauvres et riches, de venir en aide rapidement aux chrétiens et de détruire cette race ignoble des terres de nos amis”, pour finir par François à qui il est reproché de ne pas stigmatiser les “sodomites” comme ceux qui étaient visés dans l’attentat d’Orlando.
Page 78 “par l’épée” avec une photo d’exécution au sabre. Nous ne sommes pas habitués à des exécutions aussi violentes, mais c’est monnaie courante dans les pays arabes comme en Arabie Saoudite, et on a coupé les têtes en France, sous la royauté avec une hache et un billot, et depuis la révolution jusqu’en 1977 avec une guillotine. La peine de mort a été abolie en 1981.

Why We Hate You & Why We Fight You

Pourquoi nous vous haïssons et pourquoi nous vous combattons. Ce texte est extrait du numéro 15 du magazine Dabiq, qui vient de paraître. C’est la position du Califat et de ses sympathisants, ce n’est pas la position de l’Islam de France. Connaître les motivations de son ennemi permet de mieux le combattre. Le texte est en anglais, je n’ai pas eu le courage de le traduire, cependant vous pouvez lire une traduction sommaire en sélectionnant “Français” en dessous de “Traduire”, dans la colonne de droite.

Shortly following the blessed attack on a sodomite, Crusader nightclub by the mujahid Omar Mateen, American politicians were quick to jump into the spotlight and denounce the shooting, declaring it a hate crime, an act of terrorism, and an act of senseless violence. A hate crime? Yes. Muslims undoubtedly hate liberalist sodomites, as does anyone else with any shred of their fitrah (inborn human nature) still intact. An act of terrorism? Most definitely. Muslims have been commanded to terrorize the disbelieving enemies of Allah. But an act of senseless violence? One would think that the average Westerner, by now, would have abandoned the tired claim that the actions of the mujahidin – who have repeatedly stated their goals, intentions, and motivations – don’t make sense. Unless you truly – and naively – believe that the crimes of the West against Islam and the Muslims, whether insulting the Prophet, burning the Quran, or waging war against the Caliphate, won’t prompt brutal retaliation from the mujahidin, you know full well that the likes of the attacks carried out by Omar Mateen, Larossi Aballa, and many others before and after them in revenge for Islam and the Muslims make complete sense. The only thing senseless would be for there to be no violent, fierce retaliation in the first place!

Many Westerners, however, are already aware that claiming the attacks of the mujahidin to be senseless and questioning incessantly as to why we hate the West and why we fight them is nothing more than a political act and a propaganda tool. The politicians will say it regardless of how much it stands in opposition to facts and common sense just to garner as many votes as they can for the next election cycle. The analysts and journalists will say it in order to keep themselves from becoming a target for saying something that the masses deem to be “politically incorrect.” The apostate “imams” in the West will adhere to the same tired cliché in order to avoid a backlash from the disbelieving societies in which they’ve chosen to reside. The point is, people know that it’s foolish, but they keep repeating it regardless because they’re afraid of the consequences of deviating from the script. There are exceptions among the disbelievers, no doubt, people who will unabashedly declare that jihad and the laws of the Shari’ah – as well as everything else deemed taboo by the Islam-is-a-peaceful-religion crowd – are in fact completely Islamic, but they tend to be people with far less credibility who are painted as a social fringe, so their voices are dismissed and a large segment of the ignorant masses continues believing the false narrative. As such, it becomes important for us to clarify to the West in unequivocal terms – yet again – why we hate you and why we fight you.

Christian.disbelief. and.paganism
Christian disbelief and paganism

1. We hate you, first and foremost, because you are disbelievers; you reject the oneness of Allah – whether you realize it or not – by making partners for Him in worship, you blaspheme against Him, claiming that He has a son, you fabricate lies against His prophets and messengers, and you indulge in all manner of devilish practices. It is for this reason that we were commanded to openly declare our hatred for you and our enmity towards you. “There has already been for you an excellent example in Abraham and those with him, when they said to their people, ‘Indeed, we are disassociated from you and from whatever you worship other than Allah. We have rejected you, and there has arisen, between us and you, enmity and hatred forever until you believe in Allah alone’” (Al-Mumtahanah 4). Furthermore, just as your disbelief is the primary reason we hate you, your disbelief is the primary reason we fight you, as we have been commanded to fight the disbelievers until they submit to the authority of Islam, either by becoming Muslims, or by paying jizyah – for those afforded this option – and living in humiliation under the rule of the Muslims. Thus, even if you were to stop fighting us, your best-case scenario in a state of war would be that we would suspend our attacks against you – if we deemed it necessary – in order to focus on the closer and more immediate threats, before eventually resuming our campaigns against you. Apart from the option of a temporary truce, this is the only likely scenario that would bring you fleeting respite from our attacks. So in the end, you cannot bring an indefinite halt to our war against you. At most, you could only delay it temporarily. “And fight them until there is no fitnah [paganism] and [until] the religion, all of it, is for Allah” (Al-Baqarah 193).

An.example.of.the.perversion.the.West.seeks.to.spread2. We hate you because your secular, liberal societies permit the very things that Allah has prohibited while banning many of the things He has permitted, a matter that doesn’t concern you because you separate between religion and state, thereby granting supreme authority to your whims and desires via the legislators you vote into power. In doing so, you desire to rob Allah of His right to be obeyed and you wish to usurp that right for yourselves. “Legislation is not but for Allah” (Yusuf 40). Your secular liberalism has led you to tolerate and even support “gay rights,” to allow alcohol, drugs, fornication, gambling, and usury to become widespread, and to encourage the people to mock those who denounce these filthy sins and vices. As such, we wage war against you to stop you from spreading your disbelief and debauchery – your secularism and nationalism, your perverted liberal values, your Christianity and atheism – and all the depravity and corruption they entail. You’ve made it your mission to “liberate” Muslim societies; we’ve made it our mission to fight off your influence and protect mankind from your misguided concepts and your deviant way of life.

3. In the case of the atheist fringe, we hate you and wage war against you because you disbelieve in the existence of your Lord and Creator. You witness the extraordinarily complex makeup of created beings, and the astonishing and inexplicably precise physical laws that govern the entire universe, but insist that they all came about through randomness and that one should be faulted, mocked, and ostracized for recognizing that the astonishing signs we witness day after day are the creation of the Wise, All-Knowing Creator and not the result of accidental occurrence. “Or were they created by nothing, or were they the creators [of themselves]?” (At-Tur 35). Your disbelief in your Creator further leads you to deny the Day of Judgment, claiming that “you only live once.” “Those who disbelieve have claimed that they will never be resurrected. Say, ‘Yes, by my Lord, you will surely be resurrected; then you will surely be informed of what you did. And that, for Allah, is easy’” (At-Taghabun 7).

4. We hate you for your crimes against Islam and wage war against you to punish you for your transgressions against our religion. As long as your subjects continue to mock our faith, insult the prophets of Allah – including Noah, Abraham, Moses, Jesus, and Muhammad – burn the Quran, and openly vilify the laws of the Shari’ah, we will continue to retaliate, not with slogans and placards, but with bullets and knives.

5. We hate you for your crimes against the Muslims; your drones and fighter jets bomb, kill, and maim our people around the world, and your puppets in the usurped lands of the Muslims oppress, torture, and wage war against anyone who calls to the truth. As such, we fight you to stop you from killing our men, women, and children, to liberate those of them whom you imprison and torture, and to take revenge for the countless Muslims who’ve suffered as a result of your deeds.

6. We hate you for invading our lands and fight you to repel you and drive you out. As long as there is an inch of territory left for us to reclaim, jihad will continue to be a personal obligation on every single Muslim.

The.Crusaders.continue.their.war.against.Islam
The Crusaders continue their war against Islam

What’s important to understand here is that although some might argue that your foreign policies are the extent of what drives our hatred, this particular reason for hating you is secondary, hence the reason we addressed it at the end of the above list. The fact is, even if you were to stop bombing us, imprisoning us, torturing us, vilifying us, and usurping our lands, we would continue to hate you because our primary reason for hating you will not cease to exist until you embrace Islam. Even if you were to pay jizyah and live under the authority of Islam in humiliation, we would continue to hate you. No doubt, we would stop fighting you then as we would stop fighting any disbelievers who enter into a covenant with us, but we would not stop hating you.
What’s equally if not more important to understand is that we fight you, not simply to punish and deter you, but to bring you true freedom in this life and salvation in the Hereafter, freedom from being enslaved to your whims and desires as well as those of your clergy and legislatures, and salvation by worshiping your Creator alone and following His messenger. We fight you in order to bring you out from the darkness of disbelief and into the light of Islam, and to liberate you from the constraints of living for the sake of the worldly life alone so that you may enjoy both the blessings of the worldly life and the bliss of the Hereafter.
The gist of the matter is that there is indeed a rhyme to our terrorism, warfare, ruthlessness, and brutality. As much as some liberal journalist would like you to believe that we do what we do because we’re simply monsters with no logic behind our course of action, the fact is that we continue to wage – and escalate – a calculated war that the West thought it had ended several years ago. We continue dragging you further and further into a swamp you thought you’d already escaped only to realize that you’re stuck even deeper within its murky waters… And we do so while offering you a way out on our terms. So you can continue to believe that those “despicable terrorists” hate you because of your lattes and your Timberlands, and continue spending ridiculous amounts of money to try to prevail in an unwinnable war, or you can accept reality and recognize that we will never stop hating you until you embrace Islam, and will never stop fighting you until you’re ready to leave the swamp of warfare and terrorism through the exits we provide, the very exits put forth by our Lord for the People of the Scripture: Islam, jizyah, or – as a last means of fleeting respite – a temporary truce.

Souvenirs d’une autre guerre

[article publié le 29/07/16 18:50, dans Agence Bretagne Presse par Philippe Argouarch]

Je rerproduis in extenso un article paru sur le site de l’Agence Bretagne Presse. Les souvenirs d’un enfant breton de 10 ans, qui vivait à Alger au moment de la guerre d’indépendance.

L’assassinat de Jacques Hamel :
Mes souvenirs cauchemardesques d’une autre guerre

EcolePrimaireAlger

Quand j’ai appris qu’un prêtre, Jacques Hamel, avait été égorgé comme un mouton, agenouillé devant son autel dans son église, et devant des amies bonnes soeurs, mon humeur s’est soudain assombrie, assaillie par une tristesse profonde mais aussi par des souvenirs d’une guerre que j’ai vécue enfant. D’un seul coup un passé lointain enfoui dans ma mémoire a resurgi avec des images kaki, des djellabas blanches, des youyous et des explosions…

Bombes, attentats, assassinats, j’ai vécu tout ça quand j’avais 10 ans en Algérie. Dans ma tête il y a eu une connexion entre l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray et une église en tôle ondulée du quartier de Birmandreis (aujourd’hui Bir Mourad Raïs), dans la banlieue d’Alger où nous habitions en 1959-61. Quelqu’un avait balancé une grenade dans l’église par dessous les murs en tôle, qui en plein été, ne descendaient pas jusqu’au sol afin de laisser passer l’air frais. Heureusement c’était l’après-midi et par chance personne ne se trouvait à l’intérieur. Il n’y eut ni blessés, ni morts. Les adultes en avaient tellement parlé que c’était resté à jamais gravé dans ma mémoire comme une sorte de sacrilège incommensurable qui ressemble aux suites du meurtre du prêtre Jacques Hamel.

Durant les derniers mois de cette apocalypse, les légionnaires avaient installé une mitrailleuse sur le toit plat de notre immeuble de 9 étages. Les légionnaires nous défendaient simplement parce qu’un des gradés vivait aussi dans la cité, m’a expliqué mon frère. Cela donne une idée du chaos. La mitrailleuse était pointée vers l’autre partie de la cité, celle qu’on appelait ‘la cité musulmane’ car les communautés s’étaient séparées. Les gens avaient choisi de se séparer dans cette cité paradoxalement nommée « cité La Concorde ». Il y avait des affrontements. Les musulmans venaient manifester devant nos blocs poussant des centaines d’enfants devant eux. Ils se tenaient derrière. J’entends encore les youyous des femmes. C’était la guerre, la peur régnait partout et, pire, comme mon père, un officier de l’armée, fut arrêté pour avoir tenu des propos politiquement incorrects à son général, ma mère se retrouva presque seule et neuf enfants à charge dont l’aîné n’avait que 13 ans. Mon père, avant de partir aux arrêts, eut le temps de lui laisser une mitraillette. Elle était au-dessus de l’armoire en face de la porte d’entrée très exactement. Je me rendais compte que tout ça était du sérieux qui pouvait tourner au tragique.

La mixité des communautés n’existait qu’à l’école et j’y ai vécu des bagarres qui vous restent toute votre vie et en particulier un coup de têtes (au pluriel car le coup fut mutuel) qui m’a quasi assommé. La violence était partout et oui, j’ai joui quand, quelques jours plus tard, l’instituteur a jeté cet Algérien au sol devant toute la classe pour avoir apporté à l’école un jeu de cartes porno. Il l’a roué de coups de pieds dans le ventre et en fait partout malgré les cris de douleurs du pauvre bougre que j’entends toujours. C’étaient les méthodes des hussards de la République.

Je ne me suis aventuré qu’une seule fois dans la cité musulmane lors d’un footing avec mon frère aîné (et je lui en veux toujours d’avoir volontairement choisi ce parcours… témérité inutile) et deux copains d’immeuble. Ce footing s’est terminé en course folle sous une pluie de pierres lancées par tous les Arabes, ados et adultes du quartier. Certains nous courraient après et j’étais le dernier car le plus jeune. Quelle frousse mes amis ! Je crois sincèrement que s’ils nous avaient rattrapés, on ne se sortait pas vivants de ce guêpier et je ne serais pas là à vous écrire ces souvenirs Ce rêve naïf républicain de concorde se termina en cauchemar pour beaucoup et en particulier pour les harkis et plusieurs milliers de Pieds-noirs qui furent enlevés, torturés et assassinés. Des millions préférèrent l’exil à la soi-disant concorde promise même dans les accords d’Évian.

Le soir en essayant de dormir, j’entendais les bombes qui explosaient à 40 kilomètres alors que j’étais en pension à l’EMP de Koléa. Un week-end de sortie, un adolescent arabe m’a menacé de son couteau à deux pas de l’immeuble où habitait ma famille. Il était bien plus grand que moi. Il m’avait dit « Crie vive l’Algérie indépendante ou je te tue ». Son couteau paraissait aussi grand qu’une épée. J’ai pris mes jambes à mon cou pour me réfugier dans la cage d’escalier de notre immeuble, montant les 5 étages en courant sans même attendre l’ascenseur. Une peur bleue. Depuis cette époque, je suis bon à la course à pied et cela d’autant plus que mon grand-père fut champion de Bretagne du 400 m. Savoir courir vite, ça peut vous sauver la vie !

J’ai vécu cette guerre de 1959 à l’été 1961, de 10 à 12 ans. Mon père commandait un camp qui faisait partie d’un vaste programme de pacification qui comportait entre autres des « opérations psychologiques ». Il s’agissait de transformer les Algériens ramassés dans des zones rurales, et d’en faire de bons citoyens français. Les stages duraient je crois six mois, nourris logés, et je ne me souviens plus s’ils étaient forcés ou pas mais c’était de toute évidence dur de s’en échapper car le camp était au beau milieu du camp de plusieurs régiments de la Légion étrangère à Zéralda. Mon père m’y a emmené une fois pour me montrer ce qu’il faisait. Toutes sortes de méthodes y compris des cours d’histoire de France, de langue française et des formations professionnelles étaient utilisées pour tenter d’empêcher ces gens de rallier le FLN et la lutte de libération nationale. La France à marche forcée par le sport, la littérature, l’histoire et la promotion sociale. La dignité et l’identité ne faisaient pas partie du programme.

Je ne comprenais pas trop le pourquoi de cette guerre contre la volonté d’un peuple. Je le comprends encore moins aujourd’hui. Tout ce chapitre de l’histoire de France discrédite en fait l’ensemble du projet républicain. Même si entre temps on est passé à la Ve République et même si on parle si peu de cette ‘sale guerre’, l’idéologie reste la même. C’est en fait tout ce passé colonial, toutes ces contradictions républicaines qui font que le projet européen est, malgré tous les problèmes, un projet qui a beaucoup plus d’avenir. C ‘est un projet neuf sans karma.

À 10 ans on pose des questions. J’ai donc demandé à mon père pourquoi on ne leur donnait pas l’indépendance et il a eu cette réponse cocasse : “Si on donne l’indépendance à l’Algérie, il faudra la donner à la Bretagne”. Le concept de boite de Pandore existait déjà au coeur de la propagande républicaine. L’idée m’a séduit et intrigué, d’autant plus qu’à la même époque il me donna à lire ma première Histoire de Bretagne. Comme l’histoire de Bretagne avait été enseignée dans tous les lycées en Bretagne pendant la seconde guerre mondiale, il avait conservé la sienne.

Cette guerre d’Algérie fut ma première impression de la République. Une confusion totale dans ma tête de gamin. J’étais témoin d’un immense conflit entre ceux qui voulaient conserver l’empire, contrairement aux droits des peuples et aussi ceux, souvent les mêmes, qui voulaient profiter des énormes ressources de cette terre d’Afrique, en particulier les gisements de pétrole en abondance dans le Sahara, et de l’autre côté tout un peuple qui demandait sa liberté soutenu par l’ONU et la communauté internationale. L’idéologie, c’est le vol sera le titre de mon livre si j’ai le temps de l’écrire.

Comment en était-on arrivé là ? Comment un peuple qui se réclame du slogan liberté égalité fraternité a pu s’installer comme s’il était chez lui dans une grande partie de l’Afrique – justifié uniquement par une idéologie civilisatrice inventée par Jules Ferry et intégrée aux dogmes républicains ? Si les Français ont pu accepter une telle contradiction sans broncher on comprend alors pourquoi ils acceptent aujourd’hui que les minorités nationales ne soient pas reconnues en France. Et si l’état de droit n’était pas simplement le droit de l’ethnie la plus forte imposé à tous par cet État ?

Ce que je pense aujourd’hui ? La France n’aurait jamais du débarquer en Afrique. Les Africains n’auraient dû venir travailler chez nous que sous des contrats à durées déterminées. Le prix des voitures et le prix des repas au restaurant auraient été un peu plus chers et on aurait perdu encore plus de marchés industriels mais on n’aurait pas d’attentats terroristes aujourd’hui qui, de toutes façons, vont encore coûter plus cher à l’économie. Personne n’investit dans un pays où les gens peuvent se faire égorger chez eux ou se faire descendre comme des lapins à la terrasse des cafés ou à un concert.

À dix ans je découvrais une République, que l’école m’avait vantée comme une succession glorieuse de héros et de génies, mais où les horreurs les plus inimaginables pouvaient arriver n’importe quand. Cette république a-t-elle vraiment changé ? C’est la question qu’on peut se poser aujourd’hui car face aux politiques de “concorde” toujours de vigueur, devenues même valeurs républicaines, il y a une réalité beaucoup plus dure, beaucoup plus cruelle qui finit par nous exploser au visage tant nous avons refusé de la voir.

Philippe Argouarch

Combien de radicalisés dans votre département ?

Voici le nombre de personnes radicalisées et potentiellement dangereuses, classées par département, chiffres communiqués en 2015 par le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR). Ils sont 4236 sur l’ensemble du territoire, départements d’outremer compris. Pas de grosse surprise : la Seine-Saint-Denis détient le record avec 160 radicalisés, cependant on notera que tous les départements sont concernés, sauf la Creuse, avec zéro radicalisé. Les Côtes d’Armor, avec 43 radicalisés pour 597085 habitants (72/million) ont un taux de radicalisation plus élevé que les Bouches du Rhône, avec 94 radicalisés pour 1993177 habitants (47/million).

# Département Radicalisés # Département Radicalisés
1 Ain 24 51 Marne 52
2 Aisne 40 52 Haute-Marne 11
3 Allier 13 53 Mayenne 9
4 Alpes-de-Haute-Provence 27 54 Meurthe-et-Moselle 31
5 Hautes-Alpes 10 55 Meuse 2
6 Alpes-Maritimes 151 56 Morbihan 10
7 Ardèche 21 57 Moselle 36
8 Ardennes 6 58 Nièvre 13
9 Ariège 13 59 Nord 114
10 Aube 23 60 Oise 35
11 Aude 25 61 Orne 14
12 Aveyron 29 62 Pas-de-Calais 66
13 Bouches-du-Rhône 94 63 Puy-de-Dôme 34
14 Calvados 39 64 Pyrénées-Atlantiques 39
15 Cantal 2 65 Hautes-Pyrénées 29
16 Charente 24 66 Pyrénées-Orientales 51
17 Charente-Maritime 46 67 Bas-Rhin 81
18 Cher 14 68 Haut-Rhin 76
19 Corrèze 12 69 Rhône 156
2A Corse-du-Sud 4 70 Haute-Saône 36
2B Haute-Corse 5 71 Saône-et-Loire 25
21 Côte d’Or 28 72 Sarthe 18
22 Côtes-d’Armor 43 73 Savoie 72
23 Creuse 0 74 Haute-Savoie 77
24 Dordogne 16 75 Paris 145
25 Doubs 22 76 Seine-Maritime 41
26 Drome 38 77 Seine-et-Marne 156
27 Eure 11 78 Yvelines 128
28 Eure-et-Loir 52 79 Deux-Sèvres 4
29 Finistère 42 80 Somme 33
30 Gard 79 81 Tarn 24
31 Haute-Garonne 93 82 Tarn-et-Garonne 27
32 Gers 18 83 Var 52
33 Gironde 61 84 Vaucluse 54
34 Hérault 78 85 Vendée 8
35 Ille-et-Vilaine 46 86 Vienne 7
36 Indre 14 87 Haute-Vienne 9
37 Indre-et-Loire 16 88 Vosges 7
38 Isère 67 89 Yonne 17
39 Jura 36 90 Territoire de Belfort 14
40 Landes 22 91 Essonne 95
41 Loir-et-Cher 11 92 Hauts-de-Seine 124
42 Loire 49 93 Seine-Saint-Denis 160
43 Haute-Loire 26 94 Val-de-Marne 130
44 Loire-Atlantique 40 95 Val-d’Oise 125
45 Loiret 79 971 Guadeloupe 8
46 Lot 17 972 Martinique 9
47 Lot-et-Garonne 14 973 Guyane 3
48 Lozère 5 974 La Réunion 63
49 Maine-et-Loire 14 976 Mayotte 9
50 Manche 13 Autre 25